De ma fenêtre, de Ahae

Par · juillet 27, 2012

Résumé : la diversité et la splendeur de la nature depuis une fenêtre
Les + : beauté des images, un regard neuf, gratuit
Les - : manque d’explications (méthode de travail, biographie)
Si c’était à refaire : oui !

Résumé

Le jardin des Tuileries, à Paris, accueille sous un chapiteau et jusqu’au 19 août, la première exposition en France d’Ahae.

L’artiste multisupports sud-coréen est aussi un inventeur, doublé d’un fervent écologiste.

Il présente ici ses plus belles photos, prises au cours des trois dernières années.

Son projet est original : tous les clichés ont été pris d’une unique fenêtre. Un prisme restreint par lequel le photographe réussit à multiplier les visions et à nous faire redécouvrir les richesses de la nature.

Avis

Les rues de Paris sont matraquées par l’affiche de l’exposition. Alors de guerre lasse, et mené par un message subliminal, on s’y rend par un beau soir comme un somnambule.

Le titre de l’expo « De ma fenêtre » n’est pas très engageant. L’artiste est-il agoraphobe ou impotent ? A-t-il choisit ce projet par facilité ? Enfin, les clichés seront-ils tous les mêmes ?

Haro sur ces questions, sortez de vos pénates et courez voir l’exposition ! Le travail d’Ahae est une prouesse, accompagnée d’un message écologique convainquant.

Un point de vue, mille visions

Une centaine de photos prises depuis un même point de vue, et pourtant aucune ne se ressemble.

De l’infiniment petit à l’infiniment grand, le paysage qui s’offre à la fenêtre du photographe se décline en mille variations.

Les saisons changeantes, le choix de la focale, depuis le plan serré sur des libellules jusqu’au soleil couchant, multiplient d’autant les sujets.

Ahae prouve combien la nature est foisonnante. Autour de chez lui, les animaux ont leur repère : un héron cendré se pose sur un paulownia, des chevreuils des marais viennent se désaltérer à l’aurore, des pies agacent les cervidés. Les animaux y sont tantôt amusants, tantôt fragiles, toujours élégants.

Une exposition sensitive

Par sa maîtrise technique, Ahae parvient à restituer les sensations. Celles qui accompagnent les saisons sont palpables. On y retrouve l’hiver et son mouvement figé, la clarté de sa lumière et son calme, puis le printemps et le frémissement fragile de la renaissance, ou encore l’automne flamboyant, aux couleurs emmêlées comme sur un tableau impressionniste.

Sa photographie en noir et blanc de gouttes de pluie bombardant la surface de l’étang fait jaillir le son au cerveau. D’autres photos au contraire apaisent, comme celle des cercles d’ondes à la surface de l’eau, où les photos de coucher de soleil.

Ré-apprendre à regarder la nature

Nous la voyons, mais nous ne savons plus la regarder ni nous en émouvoir. Ahae nous met le nez sur ce que nous avions rangé au rang de banalités. Ce faisant, il nous fait renouer avec l’émerveillement.

Son cliché de la pluie sur la surface de l’eau parvient à montrer sa violence. Les gouttes tombent avec fracas, creusant des cratères noirs, lesquels recrachent leur lave à la surface. Le lac prend des allures apocalyptiques.

Ici, le soleil s’accroche aux crêtes des vaguelettes, créant une myriade de pépites d’or scintillantes.

Là, un héron cendré effleure à peine l’eau de sa patte, en prenant son envol. Sa majesté vaut bien de suspendre le temps.

Technicité, poésie, ode à la nature et à sa protection, le tout dans une galerie savamment étudiée pour mettre en valeur les œuvres : l’exposition vous appelle déjà… n’entendez-vous pas ses sirènes ?!

De ma fenêtre, de Ahae
Exposition tous publics (particulièrement intéressante pour sensibiliser les enfants à l’écologie)
Tous les jours de 10h00 à 22h00
Jusqu’au 19 août 2012
Jardin des Tuileries, côté place de la Concorde
Métro Concorde ou Invalide

Voir le site très complet de l’artiste

Catégorie Expos, Sans catégorie

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