Eux sur la photo, roman de Hélène Gestern

Par · mai 7, 2014

Résumé : Hélène publie dans un journal un appel à témoignage sur sa mère disparue, Stéphane lui répond, il reconnaît son père sur le cliché
Les + : calme, délicat, ton intimiste et vivant de l’échange épistolaire
Les – : suranné, ton précieux, ficelles du récit un peu grosses
Si c’était à refaire : uniquement pour un moment de détente

Eux sur la photo, roman de Hélène Gestern

Résumé

Hélène, 38 ans, retrouve une photo sur laquelle figure sa mère, décédée quand elle avait 3 ans. En mal de racines, elle la publie dans un journal. Lui répond Stéphane, qui a reconnu son père sur le cliché.

Entre eux débute un échange épistolaire qui les amènera à retracer le fil des événements qui ont précédé la disparition de la mère d’Hélène. Des secrets vont être mis à jour et une complicité va naître entre les deux correspondants.

 

Avis

Eux sur la photo est le premier roman de Hélène Gestern, nancéienne née en 1971. Il a obtenu le prix René-Fallet et le coup de cœur des lycéens de Monaco en 2012.

L’ouvrage est assez prenant, et se lit vite et avec plaisir. Il ravira ceux qui ont aimé Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ou encore 84 Charing Cross road (ce dernier étant mieux dans le genre). Le ton y est intimiste, et les personnages sont à la fois délicats et espiègles. L’enquête sur l’histoire familiale est par ailleurs assez rondement menée et elle suscite le même plaisir que celui de fouiller un vieux grenier poussiéreux plein de trésors.

Hélène et Stéphane, pour percer les mystères de leurs parents, vont en effet interroger des aïeux, décrypter des photographies, ouvrir des boîtes scellées et lire des journaux intimes. Autant de réjouissances presque enfantines.

Comme souvent dans les échanges épistolaires, on appréciera le style vivant et parlé, mais aussi l’intimité forte qui se créé entre les personnages.

Les gros bémols du livre ? Il n’échappe pas à l’écueil du genre épistolaire : faire de ses personnages des êtres éthérés et sans chair, qui idéalisent leurs sentiments. Exit la passion et la sensualité. Ici, on est dans le registre de la tendresse et la proximité entre les deux personnages en ressort un peu factice.

Ce côté british ne plaira pas à tous les lecteurs. Les héros ont un langage précieux, et paraissent beaucoup plus vieux qu’ils ne le sont. Leur vie est ronronnante, faite de thé dans des services en porcelaine, le chat sur les genoux.

Par ailleurs, certaines ficelles du récit sont trop grosses et certains éléments manquent de finesse psychologique. Hélène serait par exemple devenue archiviste de cartes postales, inconsciemment pour mieux déchiffrer les photographies de sa mère.

Eux sur la photo n’en promet pas moins un agréable moment de détente. Il ne faut pas en attendre plus. A lire si on rêve d’un bon thé chez Miss Marple.

Eux sur la photo, de Hélène Gestern
Paru aux éditions Arléa en novembre 2013
280 pages, EAN 9782363080394, 10 euros
Voir le site de l’éditeur

 

 

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