La grotte des rêves perdus, de Werner Herzog (en DVD)

Par · décembre 17, 2012

Résumé : immersion mystique dans la grotte Chauvet et dialogue avec Cro-Magnon
Sorti le 1er mars 2012 en dvd et en blu-ray 3D
Les + : unique, scotchant, extatique, l’oeuvre d’un passionné
Les – : quelques interviews peut-être pas indispensables
Si c’était à refaire : absolument !

La grotte des rêves perdus, un documentaire de Werner HerzogRésumé

Le réalisateur allemand Werner Herzog profite d’une rare expédition dans la grotte Chauvet avec une douzaine de scientifiques pour filmer les peintures rupestres.

La grotte ardéchoise compte les peintures parmi les plus anciennes du monde, datées à – 35 000 ans.

Le temps de tournage est compté car ce lieu fragile est fermé toute l’année. L’occasion unique de nous mettre en contact avec nos origines par le biais de l’art.

Avis

Une expérience mystique

La grotte des rêves perdus est bien plus qu’un documentaire sur les peintures rupestres et la vie des hommes au paléolithique. C’est une expérience sensorielle et métaphysique.

La vie de Cro-Magnon étant encore nimbée de mystère, Herzog réussit le pari de nous mettre directement en contact avec lui, via ses oeuvres.

Il utilise tous les procédés pour nous faire dialoguer avec notre ancêtre et mieux comprendre comment il vivait.

Dialogue avec Cro-Magnon

Sa caméra 3D colle à la paroi suintante, épouse les traits des peintures, les fait parler. Il alterne les interviews des spécialistes ou d’hommes moins académiques (comme un nez chargé de sentir les vestiges), avec ses propres interrogations ou encore la contemplation silencieuse. Le tout est relevé d’une musique minérale et parfaite.

En interpellant le spectateur, il l’invite à s’interroger sur le message des peintures, et le conduit à développer sa propre interprétation. Comment vivaient-ils ? Quelles étaient leur vie, leurs rêves, leur spiritualité, leur culture, qui vénéraient-ils ? Leurs croyances se rapprochaient-elles de celles des aborigènes ? Une chose est presque sûre : ces œuvres s’adressent à nous. Peintes sur un mur, elles ont été conçues comme un don durable aux générations futures et renferment un message. Le pari est alors de le déchiffrer.

On ne ressort pas de la grotte avec une interprétation unique car le mystère perdure, mais malgré tout avec l’impression d’être entré en contact avec nos ancêtres et d’avoir franchi 30 000 ans.

Le face à face est scotchant, il interpelle sur une autre culture et une autre façon de voir le monde. Il révèle également que par-delà les différences, nous appartenons tous à une même espèce, avec nos ressemblances, le besoin de transmettre, et l’amour de l’art comme expression universelle.

Pour l’anecdote

Un documentaire aussi bien réussi ne pouvait naître que d’une obsession bien personnelle. Celle de Werner Herzog est née à l’âge de 12 ans quand il a vu dans une librairie un ouvrage sur les peintures rupestres. Il a travaillé pour se l’acheter et la fascination n’a jamais cessé.

La grotte des rêves perdus, de Werner Herzog
Editions Métro, sortie le 1er mars 2012
Existe aussi en combo DVD et Blu-ray 3 D
16,29 euros à la Fnac

 

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