La vérité sur l’affaire Harry Quebert

Par · janvier 25, 2014

Résumé : un écrivain enquête sur le meurtre de Nola, la maîtresse de son mentor
Les + : prenant, divertissant, léger
Les - : aucun style, écriture parfois maladroite, trois fois trop long, personnages clichés, maximes d’une platitude gênante, cadre artificiel
Si c’était à refaire : pour le divertissement oui

Résumé :

Après un premier livre, un best-seller publié à 30 ans, Marc Goldman est prié par son éditeur d’écrire un second roman. C’est la panne sèche.

Pour retrouver l’inspiration, Marc se rend chez son ancien professeur Harry Quebert, à Aurora, une petite ville du New Hampshire.

Au même moment, est déterré du jardin d’Harry le cadavre d’une jeune fille de 15 ans nommée Nola.

Marc découvre que son professeur et la jeune fille avaient une liaison, quand Harry est envoyé en prison.

L’écrivain entreprend d’enquêter pour disculper son ami. Une affaire qui pourrait bien lever les nombreux secrets des habitants d’Aurora et dérouiller la plume de l’écrivain.

Avis :

Grand prix du roman de l’Académie française  et prix Goncourt des lycéens en 2012, La vérité sur l’affaire Harry Quebert est un polar prenant, mais agaçant.
Prenant car l’auteur sait kidnapper le lecteur avec une construction intelligente et une histoire à rebondissements.
Agaçant, car le reste est bradé, de l’écriture au fond du livre. Le lecteur peut donc vite se sentir otage d’une histoire dont il veut connaître la fin, mais dont il a conscience qu’elle manque d’esprit.

Des personnages clichés

Les personnages semblent tout droit sortis de la série Plus belle la vie ou du Cluedo.
A Aurora, petite ville des Etats-Unis, la jeune serveuse est pulpeuse et gentille, mais écervelée et naïve.

Le patron du bar, doux et soumis, se fait tyranniser par sa femme, et le chauffeur du baron ressemble à Elephant man.

On aurait pu penser que les personnages prendraient de l’épaisseur avec l’avancée de l’enquête. Eh bien non ! Bien que leur vrai tempérament et leurs motivations cachées se révèlent, ils restent caricaturaux.

La ville, de la même façon, est en carton pâte.

Quant au narrateur, il n’échappe pas non plus à la règle. Jeune homme davantage businessman qu’écrivain, il est lisse. Plus énervant encore : alors qu’il est en permanence encensé par les personnages, il ressemble étrangement à l’écrivain. Comme lui, il est trentenaire, plutôt beau gosse, auteur d’un premier livre et il écrit là son futur best-seller. Un exercice d’auto-congratulation qui pourra énerver certains lecteurs…

Une écriture très lâche

Enfin, que de longueurs ! L’écriture est si diluée que le roman aurait pu être dégraissé par trois. Certes l’enquête est addictive, mais pourquoi ces phrases inutiles et redondantes ? Pourquoi également autant de rebondissements à la fin ? Comme dans certaines mauvaises séries, les personnages n’en finissent pas de révéler de nouvelles facettes, et de renverser les hypothèses du narrateur. Résultat : l’histoire perd en crédibilité et s’oublie très vite.

Si on ajoute l’absence totale de style et de contexte historique, les maximes égrenées comme des leçons de vie ou d’écriture et dignes d’un pilier de comptoir ainsi qu’une histoire d’amour creuse, on peut sortir de l’ouvrage avec une certaine colère.

N’en reste pas moins que l’enquête est trépidante et la forme intelligente. L’auteur alterne points de vue objectifs et subjectifs, et navigue du passé au présent avec souplesse. Il faut donc le lire comme un pur divertissement et avoir du temps devant soi.

La vérité sur l’affaire Harry Quebert, de Joël Dicker
Publié le 19/09/2012 aux éditions de Fallois/Age d’Homme
670 p., ISBN : 2877068161
Voir le site des éditions L’âge d’homme

Catégorie Livres, Sans catégorie

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