La veuve, de Gil Adamson

Par · juillet 7, 2012

Sujet : l’épopée d’une femme en fuite dans le Canada sauvage
Avis : bien
Les + : haletant, romanesque, une belle aventure
Les – : psychologie de l’héroïne peu développée
Si c’était à refaire : oui, sans hésiter !

Résumé

Mary, jeune fille de bonne famille, est livrée à un époux brutal, loin des siens. On est au Canada, au début du 20ème siècle. Une époque charnière où les femmes sont encore des ménagères, dévouées corps et âme à leur mari.

La jeune fille va commettre l’irréparable et s’enfuir. A ses trousses : ses beaux-frères assoiffés de vengeance.

Commence alors une folle traque à travers les Rocheuses de l’Alberta.

 

Avis

Du suspens

Voici un livre haletant qui devrait faire l’unanimité (ou presque) parmi les femmes. Tous les ingrédients du succès y sont : romanesque, tension permanente, soulèvement d’une jeune fille contre l’intolérable, à rebours de la morale de l’époque, bravoure et fragilité mêlées.

Après le meurtre de son époux, Mary se jette sur les routes, puis dans les montagnes sauvages du Canada. Eduquée pour être une femme accomplie, elle se retrouve sans défense dans la nature, où elle doit survivre, affronter les loups, les ours et la faim.

Perpétuellement pourchassée, seule et vulnérable, elle est en outre une paria qui doit faire face à ses propres démons.

Hantée par son passé, nostalgique du paradis perdu de l’enfance, elle fuit aussi un crime. Et une douleur lancinante que l’on découvrira plus tard, au fil des pages.

Coupable, pas coupable ?

Le récit est mené comme une enquête psychologique. Mary, qui est sale et en haillons, est-elle une criminelle sans scrupule, comme semblent le penser les gens qu’elle croise, ou bien une victime ?

La prouesse de Gil Adamson est de nous placer en juge. S’il est difficile de blâmer Mary au début du livre, le lecteur demeure cependant en proie au doute. Son regard sauvage, sa détermination à fuir et son sentiment de culpabilité incitent à la vigilance.

Victime d’hallucinations, de délires et de pensées morbides, sa folie la dessert. Tout comme sa chance. Les gens tombent autour d’elle quand elle survit à chaque fois. Il y a comme une malédiction autour de cette femme, une aura de Satan.

L’auteur joue ainsi entre l’instinct de solidarité et la méfiance du lecteur.

Un chemin vers la rédemption

Peu à peu, grâce à des bienfaiteurs qui lui tendront la main et à quelques moments d’accalmie, Mary va soigner ses plaies. Elle va reprendre confiance en l’amour, dépasser le deuil, pallier ses lacunes, et cheminer vers la sérénité.

Fluide, bien écrit, notamment les descriptions sur la nature sauvage, La veuve est un premier ouvrage très réussi, à mi-chemin entre le roman d’initiation et le « western » comme se plait à le définir l’auteur.

L’auteur
Gil Adamson vit à Toronto. Elle a écrit de nombreuses nouvelles, parues dans des revues littéraires. Elle a publié deux recueils de poésie, Primitive et Ashland, ainsi qu’un recueil de nouvelles sous le titre Help me, Jacques Cousteau. La veuve, qui a nécessité 10 ans d’écriture, a été initié à partir d’un poème de l’auteur.

 

LA VEUVE, de Gil Adamson
Parution le 19 mai 2011
Editions 10/18, collection Littérature Etrangère
432 p. ; 8,40 euros, EAN : 9782264050922
Voir le site de l’éditeur et l’interview de l’auteur 

Commentaire1 Comment

  1. francette dit :

    Merci pour ce commentaire qui résume parfaitement ce roman.
    J’ai aimé ce personnage de femme à la fois forte et fragile , les personnages pittoresques qu’elle rencontre dans sa fuite, les descriptions de nature sauvage au canada, et le style de l’écriture.
    Un bon moment d’évasion…

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