Le chat qui venait du ciel, d’Hiraide Takashi

Par · septembre 5, 2012

Résumé : un chat va subtilement changer le quotidien d’un couple
Les + : poétique, calme, magique et mystérieux
Les – : poésie un peu confuse au début
Si c’était à refaire : oui
Condition : aimer les chats !

Le chat qui venait du ciel, d’Hiraide TakashiRésumé

Le narrateur travaille dans une maison d’édition et évolue dans un milieu d’amoureux de la littérature.

Il vit avec sa femme dans un pavillon attenant à une ancienne demeure japonaise, entourée d’un vaste jardin.

Un beau matin déboule Chibi, un chaton recueilli par le garçonnet voisin et qui présente un comportement étrange.

Ils vont apprendre à le connaître et changer à son contact.

 

Avis

Patience, la queue du chat balance !

Le livre tourne autour d’un couple dans un jardin clos et des visites d’un chaton. Il faut donc aimer les chats et parvenir à s’installer dans le rythme lent du livre. A rebours des machines à suspens, à consommer vite, Le chat qui venait du ciel se délecte. Il est délicat, hors du temps et empreint de magie et de mystère.

Le comportement du félin peut parfois paraître extravagant, et faire reposer le livre sur son quotidien est périlleux. Au début, le lecteur pourra s’impatienter.

La vie du jeune couple, douce et harmonieuse, pourra également en ennuyer certains. Mais le jardin clos à la fois paisible et mystérieux est au final vite attachant. Une fois le livre terminé, il nous manque déjà.

Renouer avec le sauvage et ouvrir les yeux

L’auteur tente d’amener le lecteur loin de la consommation, au plus près du sauvage. En suivant le chat, le narrateur va se familiariser avec son environnement et explorer le vaste jardin et les insectes qui l’habitent.

Takashi nous invite à ouvrir les yeux sur le monde et à ressentir la puissance de la nature. Son harmonie comme son chaos. Sa régularité comme son impermanence.

Le chaton apparaît et disparaît tout aussi soudainement, il est à la fois rationnel et irrationnel, régulier et imprévisible. Comme la vie du couple, qui sera faite de pertes et de renaissances.

Réhabiliter la liberté inaliénable de chaque être

De son côté, la femme va s’attacher au petit chat, et tenter de se l’approprier. La leçon sera brutalement tirée : on ne possède aucun être, et surtout pas ce sauvageon de Chibi.

Approcher ce qui nous échappe

Par cet ouvrage, l’auteur nous fait ressentir la part de magie inhérente à l’existence. Ses personnages croient en la chance, aux signes du destin et aux heureuses coïncidences.

Ils essayent d’apprivoiser des forces qui les dépassent : le sauvage, la liberté, l’intuition. Et ça leur réussit… Au final, l’auteur sert ici un livre apaisant et attachant, à l’atmosphère entêtante. Il serait dommage de s’en priver…

 

Le chat qui venait du ciel, d’Hiraide Takashi
Traduit par Elisabeth Suetsugu
Paru en septembre 2006
Collection Picquier poche, poche n° 276
144 pages / 6,50 € / ISBN : 2-87730-871-5
Site de l’éditeur

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