Le chercheur d’or

Par · février 5, 2014

Résumé : un jeune Mauricien issu d’une famille de colons part en quête d’un trésor… et de soi-même
Les + : passionnante aventure, immersion dans la nature belle et violente, force du mythe, magie
Les – : aucun
Si c’était à refaire : et comment ! Ce roman magnifique sera une révélation pour tout voyageur.

Le chercheur d’or, un roman de J.M.G. Le Clezio


Résumé :

1892. Alexis, huit ans, et sa sœur Laure, neuf ans, coulent des jours heureux à l’île Maurice. Ils vivent avec leurs parents dans la case d’une ancienne plantation. Tout va bien jusqu’au jour où la famille fait faillite. De nantis, ils deviennent pauvres et migrent vers les terres.

À la mort de son père, Alexis répond à l’appel de la mer. Direction l’île Rodrigues. Avant de mourir, son père avait réuni les plans d’un corsaire y indiquant le lieu d’un trésor caché.

Pour laver leur honneur bafoué, et refaire fortune, Alexis part à sa recherche. Une quête qui le conduira d’un paradis sauvage à une autre sauvagerie : celle des tranchées de la guerre 14-18. C’est à son retour à l’île Maurice, plus de 10 ans plus tard, qu’il comprendra où sont les vrais trésors.

Avis :

Un grand livre

Lumineux, éblouissant de beauté, Le chercheur d’or, publié en 1985, est un joyau pour les lecteurs épris de liberté et de nature sauvage. L’histoire est celle d’une quête de la vérité intérieure. Le héros n’aura de cesse de la chercher, de l’Anse aux Anglais, paradis isolé sur l’île Rodrigues, aux territoires français ravagés par la guerre.

La quête de soi comme moteur

La vérité se dérobera et changera au fur et à mesure que le narrateur mûrit.
Elle prendra plusieurs atours : ce sera d’abord l’or qui lui fera tourner la tête, puis le corps d’une femme indigène, et enfin la mer et son appel irrésistible.
Mais n’est-ce pas quand on croit enfin détenir la vérité qu’un événement la remet sitôt en question ? Force est alors d’admettre que l’on ne sait rien et qu’il faut juste vivre et suivre ses désirs. Là est peut-être le vrai trésor selon Mr Le Clezio…

La force du mythe

Plonger dans ce livre, c’est partir aux sources du mythe du sauvage. Le narrateur s’immerge des années au cœur d’une nature majestueuse, isolée de la civilisation. Le mythe de Paul et Virginie n’est jamais loin non plus avec Alexis et sa sœur, dont la communion est silencieuse et pure.

Au cœur d’une nature intacte

Au-delà du narrateur, c’est la nature qui s’impose comme la vraie héroïne du livre. Préservée et mystérieuse, avec sa flore luxuriante, ses roches de lave, ses ouragans d’une violence inouïe, le bruit des gisants sur la barrière de corail, et son ciel étoilé infini, elle apparaît comme magique et bruissante de légendes. Sa beauté apaise autant qu’elle soumet.

La pureté des sentiments, des valeurs, et des idéaux du narrateur, ainsi que sa sensibilité, ajoutent à la beauté du texte.

Au cours de son aventure, Alexis va peu à peu se débarrasser de l’illusoire (la quête du trésor, l’honneur, la guerre, le rang social…), pour ne garder que l’essentiel.
Il reviendra en humaniste, humble et serviteur de l’amour. Mieux : il reviendra libre, ne suivant que ses élans.

« Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre ! », disait Paul Valéry dans son poème Le Cimetière marin (un vers repris par le cinéaste H. Miyazaki dans son dernier film d’animation Le vent se lève). Cette phrase illustre bien l’ensemble de ce roman magnifique duquel on ressort heureux et ébloui.

Le chercheur d’or, de J.M.G. Le Clezio
Parution aux éditions Gallimard le 21/02/1985 (voir le site)
Parution en poche le 04/10/1988
Collection Folio n°2000, 384 p.
ISBN : 9782070380824
Voir le site Folio

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