Le tour du monde en 80 jours, de Jules Verne

Par · mars 5, 2013

Résumé : les aventures épiques d’un gentleman anglais et de son dévoué serviteur
Les + : rocambolesque, charme du 19ème siècle, personnages inoubliables, bien rythmé
Les : pas haletant non plus, quelques courts passages sur la géographie et l’histoire un peu rébarbatifs
Si c’était à refaire : bien sûr !

Résumé 

Phileas Fogg, gentleman londonien à la vie bien réglée, se rend comme chaque soir au club de bridge.

Il découvre dans le journal que l’essor des chemins de fer, de la marine à vapeur et la percée du Canal de Suez permettent de faire le tour du monde en 80 jours.

Phileas parie avec ses comparses qu’il le prouvera et mise la moitié de sa fortune. Il rassemble ses affaires, embarque Passepartout, son serviteur fraîchement embauché, et se lance dans le voyage.

Au même moment, une affaire de vol de banque éclate. Phileas est soupçonné. A ses trousses : l’inspecteur Fix.

Avis

C’est le classique des classiques que la moitié de la France a lu au collège. L’œuvre de Jules Verne, parue en 1873, est une aventure bien sympathique menée cahin-caha sur tous types de transports.

On y respire l’ambiance du 19ème siècle avec ses trains et paquebots à vapeur, ses attaques de sioux et ses sacrifices tribaux. Ses personnages sont burlesques et marquants. On vibre avec eux pour relever le challenge face aux coups du sort et aux obstacles.

Attention cependant : si le titre est prometteur d’exotisme, de palpitations cardiaques intenables, et de plaisir de la route, il n’en est rien. La danse est en effet menée par un héros peu amateur de découverte et au sang-froid implacable.

Phileas Fogg, un personnage qu’il faut apprendre à connaître

Le personnage principal n’est pas un jeune et fougueux aventurier. Les pays traversés ne l’intéressent pas, seul compte le pari. C’est un homme au premier abord impassible, méthodique et froid. Loin de lui toute extravagance ou démonstration de sentiments.

Le talent de Jules Verne est de montrer que les premières impressions sont souvent trompeuses. Phileas Fogg dévoile en effet au fil de l’ouvrage une noblesse de caractère.

Sous le masque de fer, se cache un héros aux vertus rares : l’honneur, la droiture, la générosité, et la défense des faibles. Il se pourrait donc que le lecteur en vienne à s’y attacher malgré ses premières réserves.

La discrétion du bonhomme concours beaucoup au suspens. Est-il vénal, a-t-il un coeur, court-il uniquement pour l’argent et le défi ? Et surtout : est-il le voleur de la banque ? Il faudra attendre les dernières pages pour le savoir et le lecteur est tenu en haleine jusqu’au bout.

Des compagnons de route burlesques

Un duo de choc est souvent composé de profils opposés. L’ouvrage ne fait pas exception à la règle. Passepartout apporte la fantaisie qui manque à Phileas.

Le serviteurs agile comme un singe a exercé tous les métiers. Il apporte beaucoup d’imprévu et de naïveté, par ses imprudences, sa joie de vivre, et le cœur qu’il met à défendre son maître. Sa curiosité permet aussi d’emmener le lecteur à la découverte des pays traversés, des tavernes aux jungles.

Quant au détective Fix, son obstination et son impuissance à arrêter Phileas en font un personnage proche du ridicule et burlesque.

Avec ces personnages marquants, l’aventure est très plaisante. Le flegme avec lequel le héros relève le défi l’empêche d’être palpitante. Mais ce détachement finit par être admirable.

Parier toute sa fortune sur un défi. Le jeu pour le jeu, avec sa gratuité et sa folie. Le geste n’en est que plus beau d’autant que l’on découvre peu à peu que le voyage aura apporté bien d’autres richesses que celle pécuniaire. Une morale qui clôt l’aventure en beauté.

Le tour du Monde en 80 jours, de Jules Verne
Editions Le Livre de Poche, parution le 01/03/1976
352 pages, EAN / ISBN : 978225301269
Voir le site des éditions du Livre de poche 

 

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