Monumenta 2012, Daniel Buren

Par · juin 2, 2012

Résumé : balade expérimentale entre forêts de colonnes et grands volumes
Avis : pas mal
Les + : vertigineux, ludique, volumineux
Les - : minimaliste
Si c’était à refaire : oui !

Halos de couleur projetés au sol par les cercles de plastique

Une exposition amusante et sensorielle

Ludique et intéressante, l’exposition Excentrique(s) de Buren ne laisse pas indifférent.

La première rencontre peut en revanche s’avérer décevante. Une fois la porte de la nef du Grand Palais franchie, rien de monumental ni d’extravagant : juste un dédale de poteaux soutenant des cercles en plastique. L’installation paraît répétitive et basique.

C’est en pénétrant sous les anneaux qui forment un faux plafond que l’exposition prend une tournure intrigante. Les toits concentriques agissent comme des filtres de la lumière extérieure et projettent au sol des halos teintés. Orange, vert, bleu, jaune : autant de couleurs qui invitent le spectateur à se balader de cercle en cercle. Il suffit alors de déambuler dans cette forêt aux 1300 poteaux, la version moderne et métallique de la grande mosquée de Cordoue. Les chemins sont multiples, infinis, chacun y invente sa randonnée.

Un voyage désorientant et vertigineux

La traversée s’avère vite déroutante. Tout accroit l’aspect mouvant du bois. Le blanc des colonnes change de couleur en fonction de la lumière reçue par la verrière. L’alignement des poteaux est imparfait. Et 4 bandes-son rendent le lieu fantomatique. Diffusées en faisceaux mobiles, elles apparaissent aussi furtivement qu’elles s’évanouissent.

Découverte de la grande nef au travers des miroirs concentriques

Un travail in situ destiné à mettre en valeur la nef

Certains se sentiront bien sous ces faux toits, et y prendront un verre, d’autres étoufferont. Pas de panique. Buren a conçu ce plafond pour mieux savourer l’entrée au centre de la nef. Dégagée, elle apparaît immense et majestueuse. Un effet renforcé par les miroirs circulaires fixés au sol qui doublent sa hauteur. La persistance rétinienne révèle également d’autant mieux les formes concentriques de la nef (sa coupole, ses arcades, son escalier…).

 

 

Une invitation à prendre de la hauteur

L'exposition vue depuis l'escalier

Monter au sommet du grand escalier concourt à apprécier le volume du lieu. En dominant « la ville », on comprend que l’artiste nous a piégés en nous contraignant à vaquer dans ses « maisons » basses aux lumières étouffées. Mais la rancune est vite dissipée par le plaisir de prendre de la hauteur, du recul, et par celui de baigner dans la lumière de la nef. Jaillit alors un avant-goût de liberté au grand air, et c’est peut-être ça le grand art…

 

 

 

 

 

Excentrique(s), travail in situ, de Daniel Buren

  • Adresse : nef du Grand Palais, porte nord
    Avenue du Général Eisenhower
    75008 Paris
  • Horaires : tous les jours sauf le mardi jusqu’au 21 juin 2012
    Le lundi et le mercredi de 10h00 à 19h00
    Du jeudi au dimanche de 10h00 à minuit
  • Plein tarif : 5 euros
    Tarif réduit : 2,50 euros

 

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