Nagasaki, d’Eric Faye

Par · août 3, 2012

Résumé : de l’individualisme à la solidarité
Les + : une histoire délicate et simple, un appel à l’ouverture à l’autre
Les - : court, on aimerait connaître la suite
Si c’était à refaire : oui

Résumé

Shimura-san est célibataire et maniaque. Un soir, en rentrant du travail, il découvre que des objets ont bougé dans sa maison. Les jours passent et le phénomène se reproduit.

Est-il victime d’une hallucination, d’un fantasme, ou quelqu’un s’introduit-il vraiment chez lui en son absence ?

Pour éclaircir le mystère, il installe une caméra et surveille son intérieur à distance…

Avis

Voilà une histoire courte présentée par le libraire comme un bijou. Sans aller jusque-là, car le style est volontairement simple, le suspense prend, l’histoire se lit vite, et elle revêt un caractère universel qui ne peut laisser indifférent.

Tiré d’un fait divers, le récit est surtout une belle allégorie de la solitude de masse. L’isolement des gens dans leurs foyers, loin des réunions amicales d’antan, y est montré dans toute son absurdité et sa vacuité.

Le personnage principal est un concentré de nombreux hominidés d’aujourd’hui : enfermé chez lui après son travail, il est perclus dans une vie routinière et pavillonnaire, seul.

Les murs de sa maison, qu’il examine depuis sa webcam au travail, ne renvoient que l’écho de sa solitude. Il ne s’y passe rien. Aucune vie ne vient s’entrechoquer à la sienne, aucun mouvement ne vient créer l’étincelle. Tout est toujours comme il l’a laissé la veille. Depuis l’écran, sa vie lui apparaît dramatiquement plate.

Pourtant tout son être crie à la rencontre, à la nouveauté, au partage et au chamboulement de cette vie. C’est-là tout le paradoxe du personnage et de notre société.

Eric Faye illustre bien combien la crise peut conduire au repli sur le foyer, à l’individualisme et à la peur de l’autre. Mais il parvient aussi à montrer que cette tendance n’est pas inéluctable et que la solidarité et la rencontre d’autrui le font grandir.

 

Nagasaki, d’Eric Faye
Grand prix du roman de l’académie française
Paru le 05/10/2011 aux éditions J’ai lu
5.20 €, 95 pages, EAN : 9782290034408
Plus d’infos sur le site de l’éditeur

 

 

Commentaire1 Comment

  1. la caudrelle dit :

    Etrange Shimura-san, enfermé dans sa solitude et sa routine, qui ne réalise pas qu’une femme vit dans sa maison…étrange femme sans nom dont on apprend peu à peu ce qui l’a brisée.
    On espère que cette  » rencontre  » leur ouvrira l’esprit vers une autre forme de vie…
    J’ai aimé ce texte court, bien écrit, c’est vrai qu’on aimerait en savoir plus.

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