Un été sans les hommes, de Siri Hustvedt

Par · avril 14, 2012

Résumé :  un livre sur l’impermanence de la vie
Avis : moyen
Les + : apaisant, emprunt de sagesse
Les – : triste, un peu mou, trop analytique et docte
Si c’était à refaire : j’hésite

Résumé : après la séparation, la reconstruction

Mia Fredricksen se fait plaquer par son mari après 30 ans de mariage. Il est parti sans crier gare avec une femme plus jeune. « La pause », comme elle l’appelle pour mieux tolérer l’idée. A la crise de folie succède la rémission dans le giron maternel, au vert.

C’est là que la narratrice va se reconstruire et prendre la distance nécessaire pour passer le cap. Au contact de vieilles dames qui s’accrochent amoureusement à la vie et d’adolescentes auxquelles elle va enseigner la poésie.

 

 

 

Avis

Prendre la vie comme elle vient

Tout l’art du livre réside dans la nuance. Il tire sa force du stoïcisme avec lequel l’auteur aborde la vie. La mort fait partie de la vie, le désamour de l’attachement. Il ne faudra donc pas en attendre beaucoup de gaieté.

Les octogénaires y sont outrageusement éprises de vie et de liberté, mais côtoient chaque jour la mort. Les jeunes filles du groupe de poésie réservent autant d’innocence que de férocité. Et alors que le mariage de Mia était solide, il se révèle sans préavis friable.

Un livre apaisant

La vie est impermanente et fragile : là est la leçon du livre. Ce fatalisme procure paradoxalement du calme. Un apaisement renforcé par son rythme lent. On est dans le tranquille Minnesota. Loin des préoccupations matérielles. La narratrice a mis entre parenthèse son activité et sa seule occupation est de renouer avec le monde et de réfléchir.

Une (trop ?) grande sensibilité

Ce détachement permet à l’auteur de faire jaillir des éclairs de lucidité. La narratrice est consciente de ses moindres émotions et sentiments, elle voit le monde avec une acuité exemplaire.

Elle décrypte sans pudeur chaque ressenti, l’analyse avec finesse, se comprend si bien. Parfois trop bien peut-être, ce qui peut être agaçant pour le lecteur. Elle décortique tout, le passe au crible de la science, de la philosophie et de ses lectures. Ce côté docte et froid peut irriter le lecteur, qui n’est pas forcément aussi cultivé. D’autant que l’analyse se fait souvent au détriment de l’action.

La libération inaboutie d’une femme

L’aspect intéressant du livre est la façon dont cette femme va se libérer de ses angoisses et des chaînes du mariage pour goûter la liberté. Après la rupture, viennent l’incompréhension, la colère, puis les retrouvailles avec soi-même. Et le bilan de ce qu’on a mis de côté toutes ces années de vie commune.

Or la narratrice en prend conscience, mais timidement. La colère est timorée, autant que la libération freinée. On aurait peut-être aimé que la femme soit moins fataliste, plus passionnée, et qu’elle se dégage davantage de ses chaînes.

Un été sans les hommes, de Siri Hustvedt
Editions Actes Sud, parution en mai 2011
224 p. , 18.30  €, ISBN : 978-2-7427-9722-6

 

 

 

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